Edito

Ce qui se passe aujourd’hui dans les rues de Kiev comme dans celles de Caracas mobilise notre attention parce qu’il s’agit de deux révoltes populaires contre des situations d’oppression et de mauvaise gouvernance. Qui est sincèrement démocrate et croit en la souveraineté populaire ne peut que soutenir ces mouvements sociaux et politiques qui éclatent avec une égale passion en deux points très différents du globe.

Le Venezuela fait face aujourd’hui à une situation critique qui conjugue le ras le bol des classes moyennes et populaires face à l’échec avéré du post-chavisme et l’affolement  d’un «bunker» concentré autour de Nicolas Maduro qui sait qu’il a perdu l’appui des masses et qui recherche dans une répression de plus en plus aveugle le moyen de demeurer en place. Loin d’organiser pacifiquement la transition, comme l’Espagne de 1975, le régime militarisé de Caracas cherche dans l’affrontement de rue et avec l’appui des services cubains les moyens d’en terminer avec une révolte qui marque un désaveu de l’opinion et consume l’échec social retentissant d’une expérience à la dérive.

A Kiev la situation ne serait guère différente… si les implications géopolitiques de la crise n’avaient sans aucun doute une toute autre dimension.

Tous les Européens doivent se réjouir de la démocratisation en cours. Mais ils doivent aussi être lucides: si la Pologne – pour des raisons historiques faciles à comprendre – poursuit le dessein de la mise en place d’un «édredon» neutraliste entre elle et la Russie, l’Ukraine demeure, quant à elle, historiquement liée au monde russe. Issue de l’ex Union Soviétique, une grande partie de sa population est russophone, notamment à l’est du pays, et perçoit la «dérive européenne» comme une menace de rupture du lien culturel, linguistique et politique qu’elle entretient traditionnellement avec Moscou. Au Kremlin, Vladimir Poutine considère avec grande inquiétude le risque d’un nouvel affaiblissement de son pays et interprète les évènements de Kiev comme une manœuvre des occidentaux pour restreindre plus encore la profondeur stratégique que lui conférait une Ukraine vassalisée.  Dans ce contexte chargé d’arrière-pensées et de références historiques, où le silence de Washington se fait d’ailleurs assourdissant, l’Union européenne doit faire la part des choses entre le soutien nécessaire à la démocratie et les constantes de la diplomatie d’équilibre seule à même de construire dans la durée des équilibres entre Etats aux intérêts divergents.

Comme on le voit, la partie d’échecs est subtile, mais les enjeux pour l’Europe sont majeurs: la fermeture des approvisionnements de l’Europe en gaz russe ou, pire encore, l’hypothèse d’une intervention militaire de Moscou et d’une partition de l’Ukraine n’est pas à prendre à la légère. Les Géorgiens en savent d’ailleurs quelque chose, eux qui avaient innocemment cru en 2008 à la protection de Bruxelles et de l’OTAN dans leur affrontement avec le Kremlin.

Alors que faire? La démocratie doit, bien sûr, être soutenue en Ukraine comme au Venezuela. Mais «l’éthique de responsabilité» chère à Max Weber doit aussi guider la réflexion et l’action de nos dirigeants. Si le cynisme ne construit pas l’avenir, l’excès de bons sentiments et l’absence de regard historique nuisent également à l’émancipation réelle des peuples.


Attractivité française, un effort!

Le Conseil stratégique de l’attractivité, réuni le 17 février à l’initiative du président François Hollande, était attendu après l’annonce de la baisse de 1,2% en 2013 des décisions d’investissements prises par des groupes étrangers – au travers d’implantations nouvelles, d’extension de sites existants ou de rachats d’entreprises en difficulté – et du décrochage sans précédent de 77% des investissements directs étrangers (IDE) en France. Les mesures prises seront-elles à la hauteur de l’enjeu compétitivité et emploi?

Une trentaine de grands patrons étrangers d’entreprises comme Samsung Electronics, Siemens, AB Volvo, General Electric, Nestlé… totalisant un chiffre d’affaires mondial cumulé de 850 milliards d’euros et provenant d’une vingtaine de pays, ont participé au Conseil. Actuellement 20 000 entreprises étrangères sont implantées en France et représentent plus de 2 millions de salariés. L’enjeu de l’attractivité est vital car il s’agit d’un levier dans la bataille de l’emploi.

 

Eliminer les handicaps et valoriser les atouts
 

Le contexte hexagonal est marqué par les 35 heures, un code du travail complexe, une instabilité fiscale, des charges élevées et une administration omniprésente. Mais notre pays bénéficie d’atouts indéniables. Ses infrastructures sont excellentes et sa situation géographique est au cœur du marché unique européen de 500 millions de consommateurs et de 12 600 milliards d’euros de PIB. 3e acteur mondial de l’innovation, la France est la république des start-up; 2e destination des fonds de capital risque en Europe, elle dispose d’une main d’œuvre hautement qualifiée. 685 projets et 29 631 emplois ont été recensés en 2013, ces projets sont consultables depuis l’application mobile “Invest in France” en lien ci-contre. Consultez également le fascicule “Investir en France, la porte d’entrée d’un vaste marché en expansion” en lien ci-contre.

Le pacte de responsabilité annoncé en début d’année par le président de la République, destiné à améliorer l’environnement des affaires, à baisser les prélèvements des entreprises et à simplifier leurs démarches administratives, devrait contribuer à une meilleure attractivité, à condition qu’il soit rapidement mis en œuvre!

Des mesures ont été annoncées pour améliorer l’attractivité

  • Restaurer la confiance en matière fiscale avec les entreprises. Outre la sanctuarisation du crédit d’impôt recherche, qui représente un coût de 6 milliards d’euros pour les finances publiques, une entreprise française ou étrangère pourra désormais valider avec le fisc les règles qui s’appliqueront à elles pour son investissement. Dès 2014, un bureau des investissements étrangers en France sera mis en place pour délivrer aux entreprises étrangères des garanties sur la fiscalité qui leur sera appliquée.
  • Simplifier les démarches douanières. En 2015, le régime de la TVA applicable aux entreprises importatrices sera simplifié et, dès la fin de 2014, toutes les procédures en douane, à l’export comme à l’import, seront dématérialisées.
  • Mise en place du «passeport talents». Ce document offrira une durée de séjour en France de quatre ans pour les jeunes diplômés qualifiés, les chercheurs, les investisseurs, les mandataires sociaux et les travailleurs hautement qualifiés.
  • Faciliter les voyages d’affaires. Les entrepreneurs qui viennent régulièrement en France pour des échanges économiques pourront disposer de visas de longue durée, soit cinq ans. De plus, ceux destinés aux chargés d’affaires étrangers verront leur délai d’obtention réduit à 48 heures, contre plusieurs semaines actuellement. Cette mesure devrait être étendue pour les touristes venant de grands pays émergents.
  • Favoriser l’accueil des étudiants et chercheurs étrangers. A compter de 2014, les étudiants et chercheurs étrangers bénéficieront d’une carte de séjour dont la durée sera équivalente à celle de leurs études.
  • Aider à l’installation en France des start-up étrangères. D’ici à la fin du premier trimestre, les start-up étrangères devraient disposer d’un interlocuteur unique pour leurs démarches et bénéficieront d’une aide financière de 25 000 euros. Par ailleurs, les filiales étrangères de grands groupes qui s’installeraient en France seront éligibles aux interventions de la banque publique d’investissement (Bpifrance).
  • Alléger les démarches sociales. L’exécutif a décidé de supprimer dès cette année la déclaration préalable pour créer une entreprise en France par un investisseur étranger. A compter de 2014 également, sera mise en place une déclaration sociale unique permettant de traiter avec l’administration plus d’une trentaine de procédures concernant les salariés. Cette déclaration unique sera mensuelle et dématérialisée.
  • Création de France international entrepreneurs. L’Agence française des investissements internationaux (AFII) et Ubifrance, la structure chargée d’accompagner les entreprises françaises à l’export, vont être fusionnées en une seule entité, baptisée France international entrepreneurs.
Derrière cet inventaire à la Prévert, l’objectif de l’exécutif est d’attirer plus d’activités de recherche et d’innovation, lesquels ont d’ailleurs augmenté de plus de 10% en 2013. L’autre cible est de faire venir plus de capitaux des pays émergents. Ces derniers ont représenté, en 2013, 10% des décisions d’investissements en France.

Francophonie, un nouvel élan?

“Ma patrie c’est la langue française” disait Albert Camus.
Le continent Amérique latine-Caraïbe ne fait pas partie du sérail de l’Organisation internationale de la Francophonie, bien qu’en soient membres ou observateurs la Dominique, Haïti, la République dominicaine, Sainte-Lucie, Sao Tomé et Principe et l’Uruguay. Cela ne l’empêche pas de détenir les Alliances françaises parmi les plus fréquentées du monde. Un paradoxe qui s’explique par l’histoire. Les langues espagnoles et portugaises sont un héritage, l’anglais est la langue de proximité et le français la langue “politique” de la démocratie et des droits de l’homme. Dans un rapport d’information présenté en janvier à l’Assemblée nationale, le député des Français de l’étranger Pouria Amirshahi avance que le développement de la francophonie s’alimente du multilinguisme. Alors que d’aucuns estiment le combat déjà perdu, quelles sont les voies qu’il explore susceptibles de donner un nouvel élan à la Francophonie?

L’apprentissage du Français en recul, état des lieux

 

Le total des apprenants du et en français a reculé en Amérique latine-Caraïbe de 1,3% et celui des apprenants en français langue étrangère (FLE) de 1,2%. C’est moins qu’en Europe où l’apprentissage de notre langue recule de 7% et de 17%. Deux pays font exception, la Colombie et le Brésil où il y a un regain d’intérêt pour la langue de Molière qui redevient surtout une langue de formation des élites. La réalité francophone est «en décalage avec des institutions qui ne laissent aucune place à la folie de ce que représente l’amour d’une langue» écrit Dominique Wolton dans son ouvrage «La diversité culturelle, nouvelle frontière de la mondialisation». C’est ainsi que l’on peut qualifier la place du français en Amérique latine. Le maillage exceptionnel des Alliances et des Instituts  tout comme la “Semaine de la Francophonie” et les centaines de manifestations orchestrées par les services de coopération et d’action culturelle des ambassades (SCAC) constituent une réponse à ce désir de français des latino-américains.

L’exemple de la Colombie prouve que des politiques concrètes en faveur du français produisent des résultats. Le projet visant à réintroduire le français – disparu depuis 1994 – dans les écoles, collèges et lycées publics de Colombie lancé par l’ambassade de France à Bogota, a débouché sur la signature en 2010 d’un «mémorandum d’entente» formalisant l’engagement du gouvernement colombien à cet égard. Le réseau des Alliances françaises en Colombie est désormais l’un des plus dynamiques du continent, avec 27 361 étudiants en 2011, dont 13 219 à l’Alliance française de Bogota. Et l’on a assisté à de nouvelles implantations avec notamment la création de l’Alliance de Cucuta et de plusieurs antennes, qui portent ainsi la présence de l’Alliance française dans 16 villes de Colombie.On recense aux Caraïbes 9,7 millions de locuteurs francophones et en Amérique latine, surtout au Brésil 2,8 millions. Le Centre de la francophonie des Amériques, situé au Québec, est un moteur puissant pour tout le continent. Le programme des jeunes ambassadeurs de la Francophonie des Amériques consiste à donner des outils pendant 10 jours à des jeunes qui vont partir informer sur le territoire américain, créer des bibliothèques, mobiliser les francophones… A noter que les Départements français d’outre-mer sont un acteur important de la francophonie dans la région.

Quelques pistes d’avenir

Nos établissements d’enseignement français à l’étranger sont le premier vivier de la francophonie, puisque 60% des élèves sont étrangers. L’auteur du rapport met sur la table des propositions:

  • La création de réseaux francophones est stratégique. Anciens élèves, diplômés en français, étudiants venus en France doivent pouvoir être identifiés et regroupés. Une mission a été confiée à Campus France pour mettre en réseau les futurs usagers, les associations d’anciens élèves, les établissements et le réseau français, mais aussi les entreprises afin d’accroître l’influence et la diplomatie économique. Un projet de mise en réseau au printemps 2014 concernera une dizaine de pays-pilote dont le Brésil et la Colombie.
  • La mise en place d’un visa francophone pourrait faciliter la circulation des étudiants, des scientifiques, des chefs d’entreprises, des artistes, le cas échéant appuyé sur un passeport économique et culturel de la Francophonie. De même que la mise sur pied d’un programme de mobilité étudiante francophone de type Erasmus.
  • Le développement de la convergence des contenus de formations scolaires, universitaires et professionnelles, des normes et des certifications, et la promotion des cotutelles de thèses, les codiplomations et les brevets en langue française doivent être encouragés. Le développement des filières francophones dans les écoles et les universités de pays partenaires est un complément indispensable au réseau des écoles françaises à l’étranger dont les capacités d’accueil sont limitées.
  • Autre aspect important mis en avant, le développement des cours francophones en ligne, de façon massive (les CLOMs francophones).
  • Enfin le rapporteur estime qu’il faut renforcer le soutien aux médias francophones qui installent un “bain francophone” quotidien”, particulièrement TV5 Monde et RFI. Il faudra par ailleurs conclure des accords avec les émetteurs là où les chaînes ne sont pas encore diffusés. Leurs programmes d’apprentissage en ligne qui s’adressent à tout type de public constituent un levier complémentaire.

Pour que la francophonie existe, il faut pouvoir répondre à la question “pourquoi apprendre le français?” Il y a les enjeux économiques, avec des débouchés considérables en Afrique, une sphère d’influence française qui se maintient, enfin un patrimoine des cultures francophones à promouvoir, au nom d’une certaine idée du dialogue entre les cultures et de l’universalité.


Ce qu’il faut savoir…

 Appels à candidature pour études en France

  • Programme de mobilité doctorale en France 2014-2015: l’Ambassade de France en Colombie, COLFUTURO, ASCUN et le Ministère de l’éducation ont ouvert l’appel à candidature pour le Programme de mobilité doctorale en France. Les candidats ont jusqu’au 21 mars 2014 pour postuler. En savoir plus
  • L’Ecole normale supérieure de Cachan (ENS) lance son Programme de bourses internationales 2014-2015, pour les niveaux master (2e année) et doctorat en cotutelle. Date limite de réception des dossiers complets par e-mail et par la poste le 4 Avril 2014. En savoir plus

 Lancement officiel des cours en ligne gratuit des grandes universités françaises 

Depuis jeudi 16 janvier, il est possible de suivre l’un des cours hébergés sur la première plateforme numérique française – FUN, pour France université numérique – de MOOC. Cet acronyme signifie en anglais Massive Open Online Courses («cours en ligne ouverts et massifs» en français). Créée en octobre 2013, la plateforme FUN a déjà lancé huit MOOCs. Et plus de 88 000 personnes s’y sont inscrites, dont 5% sur le continent américain. Dans les trois prochaines semaines, dix autres MOOCs seront mis en ligne. Parmi les universités concernées: Cnam, l’École Centrale Paris, l’École Polytechnique, l’Institut Mines-Télécom, SciencesPo, l’Université Michel de Montaigne Bordeaux 3, l’Université Montpellier 2, l’Université Panthéon-Assas – Paris II, l’Université Paris Ouest Nanterre la Défense, Centre Virchow-Villermé (collaboration entre Sorbonne Paris Cité et Université La Charité à Berlin).
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 Elections des conseillers consulaires: vote par Internet

Le vote par Internet pour les élections consulaires se déroulera du 14 au 20 mai 2014. Vous avez jusqu’au 17 mars pour fournir à votre consulat ou mettre à jour votre adresse électronique valide. Connectez-vous sur Mon consulat.fr

  • Calendrier préalable au vote: vous recevrez votre identifiant entre le 17 mars et le 30 avril et votre authentifiant (mot de passe) entre le 17 mars et le 13 mai.