Francophonie

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La Francophonie, cet horizon au-delà des mers intérieures

Le 20 mars dernier nous fêtions la Francophonie, une idée jeune au regard de l’histoire moderne puisque la paternité du terme revient au géographe Onésime Reclus en 1880. Mais c'est après la disparition de l’Empire colonial français et concrètement à partir d'un numéro spécial de la revue Espritparu en 1962, qu'une «conscience francophone» s'est développée. Le mot «francophone», caractérisant la «collectivité constituée par les peuples parlant le français» d’ailleurs fait son entrée dans Le Petit Laroussecette année-là.

Heureux présage, le terme a été popularisé par des hommes et des femmes qui ne sont pas français, et notamment par le poète Léopold Sédar Senghor. Pour ce héraut de la culture classique et de la négritude, Lauréat de l’agrégation de grammaire, l’idée est que le français est le point commun d’une multitude de peuples différents, les fédérant dans un idéal culturel et linguistique.

En 1969, celui qui entre temps était devenu le président de la République du Sénégal écrivait que «la création d'une communauté de langue française exprime le besoin de notre époque, où l'homme, menacé par le progrès scientifique dont il est l'auteur, veut construire un nouvel humanisme qui soit, en même temps, à sa propre mesure et à celle du cosmos.»

Ces propos pourraient s’appliquer parfaitement à notre époque. La mondialisation et l’instantanéité des échanges, des techniques, des données et des tragédies planétaires n’ont pas effacé ce besoin insatiable de proximité et de fraternité culturelles du genre humain.

Le retour de l’Histoire, celle des peuples et des identités, auquel nous assistons en ce moment, notamment aux marches de l’Europe, prouve aussi que la mondialisation rend plus nécessaire que jamais la présence de corps intermédiaires qui, à l’image de la Francophonie, constituent des espaces vivants d’action et de solidarité.

Il n’y a pas d’exception culturelle francophone. Il y a, en revanche, une attente du monde pour la reconnaissance de modèles culturels divers, non solubles dans le «volapuck intégré» d’une mondialisation bâtie pour et par les seuls intérêts anglo-saxons. La Francophonie, comme l’hispanidad et le monde lusophone, sont des vecteurs puissants de cet équilibre mondial qui nous autorise encore à voir le monde en polychromie.

Cette question francophone concerne donc au premier chef l’Amérique latine. Elle contribue, bien au-delà de la diffusion de la langue française, à affirmer notre enracinement dans notre latinité, qui est notre bien commun et un pont de l’esprit jeté vers d’autres mondes, ceux de l’Afrique, de l’Asie du Sud Est et de l’océan Indien d’où émergent les puissances de demain.


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