Mai-juin 2015

Sommaire:

Editorial “Un élu, un relais!”

Collège, la réforme qui divise

Activité consulaire, bilan 2014

Ce qu’il faut savoir…


Edito 

Madame, monsieur, chers compatriotes,

L’action politique peut se définir de multiples façons, de la plus noble jusqu’aux plus triviales que sont l’envie de pouvoir, la soif des honneurs ou l’enfermement dans une tour d’ivoire d’autosuffisance et d’arrogance intellectuelle. Nous en avons, hélas, de nombreux exemples sur l’échiquier politique.
Pour ma part, je me suis engagé en politique pour servir. Servir simplement mes concitoyens, servir celles et ceux qui passent un mauvais moment ou encore aider à faire reconnaître des droits à ceux qui se les sont vus injustement refusés. Pour moi, la politique c’est être sur le terrain, c’est-à-dire avec les femmes et les hommes de notre communauté française de Colombie et leur apporter de l’aide en tant que de besoin tout en étant un point de référence dans le débat public parce que je suis un démocrate engagé dans la vie politique.
Cette philosophie du terrain, je l’ai faite mienne, modestement mais avec conviction. Elle correspond à mon vécu, à mon histoire personnelle et à ma façon d’envisager les rapports humains en dehors du seul prisme déformant des convictions étroites ou, pire encore, des rapports de forces politiques. Elu de terrain je suis, élu de terrain je revendique mon état!

Mais je ne suis pas aveugle pour autant et je mesure que la proximité, pour nécessaire qu’elle soit, ne peut à elle seule résoudre tous nos problèmes. Pour avancer et faire avancer les choses, nous avons besoin de relais. Relais dans nos instances nationales des Français de l’étranger, relais dans les Assemblées, au Sénat et à la Chambre des députés, relais auprès du gouvernement, relais enfin auprès des administrations, de l’AEFE ou encore des Caisses de retraite. Cette fonction de relais naturel peut et doit être assurée par nos élus nationaux. C’est pourquoi je me réjouis profondément chaque fois qu’un élu de la Nation, et pas seulement un élu de ma famille politique, prend le temps de venir nous visiter, de se plonger dans nos dossiers, de comprendre la réalité humaine et sociale que jamais, au grand jamais, ne pourra refléter un tableau de chiffres ou une note administrative et ses “éléments de langage à l’attention de Monsieur le…”. C’est à l’aune de la volonté de servir que l’on reconnaît celui qui agit par vocation et celui pour qui la fonction élective n’est qu’un moyen de s’élever dans le cursus honorum.

Du 29 avril au 1er mai 2015, nous avons eu le plaisir d’accueillir ici, à Bogota, mon ami Olivier Cadic, nouveau sénateur UDI représentant les Français de l’étranger. Cette visite a été utile à la cause et tous nos compatriotes qui l’ont rencontré ont pu lui expliquer leurs soucis ou leurs attentes.
Je lance donc un appel à tous les élus, en premier lieu aux élus du Parti Radical, mon parti, et de l’UDI, notre formation centriste, pour qu’ils soient plus que jamais nos relais, VOS relais et qu’ils s’impliquent toujours plus activement dans cette période troublée que vit le monde aux côtés de nos Français de l’étranger qui assurent une part importante du rayonnement de la France dans le vaste monde.


Collège, la réforme qui divise…

“L’immobilisme est en marche et rien ne peut l’arrêter” disait Edgar Faure, ministre réformateur de l’éducation nationale après mai 68. Le président Hollande, craignant l’enlisement de sa réforme contestée du collège, a choisi de passer en force en publiant les textes d’application au lendemain de la manifestation des enseignants du 19 mai. Une réforme de l’enseignement, en somme, sans l’adhésion du corps enseignant! Quelle est cette réforme qui divise?

Depuis une décennie, les rapports OCDE sur l’éducation signale un creusement des inégalités scolaires en France. Un élève sur cinq a des difficultés de compréhension d’un énoncé en classe de 6e et 140.000 élèves décrochent du secondaire chaque année sans qualification ni diplôme. La réforme du collège, adoptée par le Conseil supérieur de l’Education (CSE), s’articule autour de trois axes: apprentissage des langues, suivi personnalisé des élèves et interdisciplinarité. Les chefs d’établissement auront toute initiative pour organiser 20% du temps scolaire en fonction des besoins des élèves. La réforme, qui s’appliquera à la rentrée de septembre 2016, s’accompagnera de 4.000 emplois supplémentaires pour 3,2 millions de collégiens.

Une réforme qui divise la classe politique comme les syndicats:

. Les soutiens estiment que la réforme est susceptible de réduire la fracture sociale à l’école. Parmi eux deux syndicats dits réformateurs minoritaires, une fédération de parents d’élèves (la FCPE) et le parti socialiste.
. Les opposants sont convaincus que la réforme organise un nivellement par le bas alors qu’il faudrait promouvoir l’excellence pour tous. C’est la position de sept syndicats (dont le Snes-FSU, majoritaire dans l’enseignement secondaire) et de la droite politique.
. Au milieu on trouve la Peep (autre fédération de parents d’élèves) et l’Apel (fédération des parents du privé) qui ne sont pas franchement hostiles.

Des nouveautés pédagogiques, contre l’excellence?

. L’apprentissage de la 2e langue vivante est avancé à la classe de 5e, au moment où la 1elangue vivante est généralisée en CP. En contre partie, les sections européennes et les classes bilangues disparaîtront.

  • Avis des opposants: la suppression des classes européennes (200.000 élèves) et bilangues (16% des élèves) affectera l’apprentissage de l’allemand. Ils se demandent où est la pertinence alors que l’Allemagne crée des emplois, contrairement à la France, et qu’elle est son principal partenaire commercial en Europe.

. La mise en place, à partir de la 5e, d’enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) autour de grandes thématiques de société. Les enseignants de plusieurs disciplines devront collaborer ensemble pour animer ces modules, sensés raviver l’intérêt des élèves.

  • Avis des opposants: l’interdisciplinarité, en grignotant sur les horaires de chaque discipline (français, mathématiques, histoire…), se fera au détriment de l’approfondissement indispensable des savoirs de base. Les pays nordiques, en tête de la réussite scolaire et avant-gardistes en matière d’interdisciplinarité dans le secondaire, sont en train de faire marche arrière et de revenir à un enseignement plus classique des disciplines.

Des modifications dans les programmes qui fâchent…

. Les options latin et grec jugées trop “élitistes” seront remplacées par une “initiation aux langues et cultures de l’Antiquité”. Face à la fronde des latinistes et hellénistes, la ministre a ajouté un “enseignement de complément” à cette initiation.

  • Avis des opposants : cette mesure sonne la fin de l’apprentissage des langues anciennes qui sont aux racines de la langue française (20% des élèves apprennent le latin). C’est un coup porté à l’excellence et à l’effort.

. La refonte des programmes d’histoire prévoit de faire une distinction entre des thèmes obligatoires et d’autres laissés “au choix” des enseignants. Ce sont les thèmes retenus comme obligatoires ou non qui ont créé une vive polémique. La ministre a dû revoir sa copie pour amoindrir les soupçons d’arrière-pensées idéologiques.

  • Avis des opposants: les historiens de renom, Pierre Nora et Michel Winock, dénoncent l’enseignement d’une “histoire culpabilisante” qui ferait la part belle aux heures les plus sombres (la colonisation). Certains politiques dénoncent la part trop importante que prennent l’islam et les civilisations étrangères par rapport à un “roman national” réduit à sa face obscure.

Autonomie accrue des établissements, la bête noire des enseignants:

L’initiative laissée aux chefs d’établissement pour l’organisation du temps scolaire consacré au travail en petits groupes, au soutien personnalisé des élèves et aux enseignements pratiques interdisciplinaires, élargit de façon inédite l’autonomie des collèges. Sans toucher au principe du “collège unique” la ministre de l’éducation nationale ouvre une brèche dans l’unification pour favoriser une meilleure adaptation au contexte de chaque établissement.

  • Avis des opposants: les enseignants s’opposent à l’instauration du statut de chef d’établissement-patron. Toute idée d’autorité hiérarchique au sein de l’établissement inquiète un corps enseignant qui tient à son indépendance dans l’enseignement de sa discipline.

Pour une information plus détaillée de la réforme, consultez en lien ci-contre le décret du 19 mai 2015 relatif à l’organisation des enseignements au collège et l’arrêté du même jour relatif aux horaires applicables aux matières obligatoires.

Les établissements d’enseignement français à l’étranger, un modèle?
La réforme concerne aussi nos collèges à l’étranger, en gestion directe et conventionnés. Cela ne devrait pas modifier fondamentalement leur fonctionnement pour trois raisons essentielles:

  • L’enseignement bilangue est à la base de l’enseignement français à l’étranger et nos établissements sont très en avance sur ceux de l’hexagone. Le bilinguisme ne peut être remis en cause.
  • L’autonomie des écoles est déjà une réalité, le chef d’établissement devant adapter l’organisation des enseignements en fonction du contexte local. Son rôle d’animateur d’équipes pédagogiques est d’autant plus important que la plupart des enseignants sont recrutés localement.
  • Nos établissements sont des pôles d’excellence et doivent le rester si l’on considère qu’ils participent au rayonnement de la langue et de la culture françaises dans le monde. Ils constituent en quelque sorte un modèle dont l’hexagone doit s’inspirer pour améliorer la qualité de l’enseignement sur le territoire national.

Pour maintenir cette excellence, nos écoles doivent rester ouvertes au plus grand nombre notamment aux enfants de nos compatriotes expatriés. Or malheureusement, depuis la réforme des critères d’attribution des bourses en 2012, de plus en plus de familles françaises appartenant à la classe moyenne (cadres, professions intermédiaires etc.) peinent à assumer le coût de la scolarité de nos établissements et s’en détournent. Une politique plus généreuse de bourses à l’étranger est, à mon avis, indispensable. Lire à ce sujet mon article sur le bilan des bourses en Colombie en 2014 (ci-dessous).


Activité consulaire, bilan 2014

Le conseil consulaire “affaires générales” s’est réuni le 27 avril dernier à Bogota. Nous y avons fait le bilan de l’activité consulaire et des services rendus aux Français de Colombie au cours de l’année 2014. Le 28 avril, c’était au tour du conseil consulaire des bourses scolaires de se réunir, avec à l’ordre du jour l’examen des demandes de bourses pour la rentrée 2015/2016 et le bilan de la campagne boursière 2014/2015.

Cet article met en lumière quelques points intéressants:

. Dynamisme confirmé de la communauté française résidant en Colombie, qui croît de 5% par an (cf. Bulletin de janvier 2015). En 2014, le consulat a enregistré 124 naissances et 175 mariages. De plus, 15 personnes ont acquis la nationalité française par mariage.

 

. Notre réseau scolaire s’agrandit avec l’ouverture à Medellin, dès septembre, de classes de maternelle qui accueilleront 50 enfants âgés de 3 à 5 ans. C’est la première étape de la mise en place du lycée français qui comprendra à terme 4 classes par niveau de la maternelle à la terminale, avec un échelonnement jusqu’en 2027.

. La délivrance des passeports va être facilitée grâce à la toute récente acquisition par le consulat d’une valise Itinera. La Colombie ne fait pas partie des pays autorisés à renvoyer les passeports par courrier, mais avec ce dispositif mobile de recueil des données biométriques un agent consulaire pourra récolter les demandes de passeport au cours de tournées organisées dans chaque grande ville de province (1.100 passeports et 40 passeports d’urgence ont été délivrés en 2014). Rappelons que les 7 consuls honoraires sont aussi habilités pour la remise des passeports (coordonnées des agences consulaires en lien ci-contre). Par ailleurs, les personnes qui se déplacent à Bogota pour faire leur demande doivent impérativement prendre rendez-vous auprès des services consulaires préalablement à leur visite.

. Bourses scolaires 2015/2016: le poste dispose d’une enveloppe budgétaire de 805.000€. 185 demandes ont été déposées, dont 15 sont des demandes nouvelles. En 2014/2015, 191 enfants ont bénéficié d’une bourse pour un budget total de 874.506€.

. Aides sociales: 51 allocataires ont bénéficié d’aides sociales en 2014 pour un budget de 146.000€. Le nouveau taux de base en 2015 est de 387€ et le montant global alloué est de 144.000€. En me félicitant de l’aide sociale apportée par le gouvernement français à ses concitoyens, j’ai suggéré qu’une étude comparative soit faite sur les aides sociales octroyées aux ressortissants européens par leurs pays respectifs.

. Formation professionnelle: fin du dispositif “Emploi et formation professionnelle” dans les consulats. S’agissant des demandes d’emploi de Français pour la Colombie, il faut savoir que le Club Concorde et la chambre franco-colombienne publient des offres d’emploi.

. Consultation sur le consulat du XXIe siècle: j’ai exprimé ma position en demandant que soient prises en compte quatre questions qui demeurent posées et non résolues:

  • la sécurité des Français dans le contexte d’un monde de plus en plus violent et incertain;
  • la bataille économique au quotidien, avec l’avenir d’Ubifrance et le rattachement en cours des services économiques au Quai d’Orsay, sujet qui manque encore de clarté;
  • l’influence culturelle et humaine de la France, vaste sujet qui touche de multiples ressorts (Agence pour l’enseignement français à l’étranger, réseaux des établissements culturels, fermeture de multiples consulats…);
  • l’aide aux Français de l’étranger et notamment aux plus démunis.

Ce qu’il faut savoir…

Lancement de Pégase, la page facebook de l’expatriation et des Français de l’étranger pour améliorer la communication, faire connaître l’activité de la Direction des Français à l’étranger, accompagner les actions de simplification et de modernisation consulaire. N’hésitez pas à suivre cette page ici

 

Non-résidents et impôts en France: en 2013, l’Etat français a perçu 1,1 Md€ d’impôts sur le revenu et sur la solidarité dus par environ 200.000 foyers fiscaux non-résidents. Le taux de recouvrement de ces impôts est de 91% contre de 98% pour les impôts des résidents. La Cour des comptes a pointé dans un rapport de février 2015 le mauvais service rendu aux contribuables résidant à l’étranger en matière d’information, notamment en ce qui concerne le traitement des appels téléphoniques et les emails.


En savoir plus: Visite du sénateur UDI Olivier Cadic


Réforme du collège: Décret du 19 mai 2015  Arrêté du 19 mai 2015  Lycée français de Medellin  Lycée français de Medellin


Offres d’emploi:   Club Concorde  Chambre de commerce franco-colombienne